10. mars 2026

Petit Ange

Laisse porter tes mots, comme le vent te souffle son murmure. Ne réfléchis pas, juste laisse-toi porter. Comme une musique envoûtante, tes doigts dansent sur le clavier.

Je ne suis que de passage, un ange mineur au message de douceur. Ne laisse pas l’émotion te submerger. Ce n’est rien, moi je vais bien. Mon empreinte dans ce monde, si courte soit-elle, laissera une marque indélébile, non moins importante.

Toi, je sais que tu me comprends. Je sais que tu ne me juges pas.

J’ai plus froid aujourd’hui. Ni peur. La faim ne m’assaille plus.

Ici, c’est calme. Peut-être un peu trop, des fois, pour moi qui ai l’habitude des cris et des grondements. Mais je n’ai plus peur.

Je suis un grand maintenant, et je ne pleure plus. Non, ici je ris et je souris. Les gens sont gentils. Je sais bien qu’ils essaient de m’aider, mais moi je ne peux pas encore partir.

Et puis, il y a d’autres enfants qui jouent avec moi. Certains sont effrayés et pleurent. Ils ne comprennent pas ce qu’ils font là. Ils pensent qu’on les a abandonnés.

Moi, je sais que non, et j’essaie de les aider à effacer leurs larmes. Car moi, je suis un grand maintenant. Je ne pleure plus et j’ai toujours le sourire. Même si parfois, j’avoue que les câlins et les bisous de ma maman me manquent.

Heureusement, ici, j’ai aussi ma tata. Elle est gentille et me fait des câlins quand j’en ai envie. Des fois, avec les autres grands, ils essaient de me faire passer de l’autre côté, car c’est mieux pour moi, qu’ils disent.

Mais moi, je ne peux pas. Ici, il y a tant de personnes que je dois faire sourire. Tu sais, j’ai un peu honte, mais d’après mon papa, je n’étais pas un gentil garçon, et si lui était malheureux, c’est que tout était de ma faute.

Alors moi, maintenant, je suis un grand, et j’essaie d’être gentil pour rendre tout le monde heureux. Et ici, tout le monde me dit que je suis gentil. Je suis content. J’espère que papa sera fier de moi quand il le saura.

Mais je pense qu’on ne lui a pas encore dit, car des fois je l’observe : il pleure et il crie souvent sur maman. Apparemment, maman n’est pas gentille non plus, et c’est sa faute si moi je ne l’étais pas. Il dit aussi que, de toute façon, je ne fais que lui pourrir sa vie.

Moi, je sais que ce n’est pas la faute de maman. Je suis grand maintenant, et je sais que c’était ma faute. J’aimerais pouvoir dire à papa que je suis gentil, comme ça il ne gronderait plus maman.

Et puis, comme ça, papa pourra enfin être heureux, et il me pardonnera. On sera tous heureux. C’est pour ça que je ne peux pas partir : il faut que je sois très gentil avant. Car si papa est encore triste, c’est que je ne le suis pas assez.

Tu sais, moi je suis grand maintenant, et je sais que je ne mérite pas encore. Mais peut-être, toi, tu peux le dire à mon papa. Je te remercie. Et ne t’inquiète pas, ne pleure pas : tu sais, moi, je suis grand maintenant.

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